Hypomagnésémie

Une hypomagnésémie est définie par une magnésémie < 0,7 mmol/ l, sous réserve des normes propres au laboratoire de référence. Elle se rencontre fréquemment en hospitalisation (concerne 10% des patients, jusqu'à 70% à l'USI).

Clinique

Faiblesse générale, irritabilité, dépression, léthargie, paresthésies, tremblements, hyperréflexie, crampes, tétanie, arythmies, signes de Chvostek et de Trousseau, fasciculations, convulsions, nystagmus, délire, coma,… Plusieurs cas de syndromes de Wernicke ont également été décrits (le magnésium est un co-facteur indispensable à la thiamine pyrophosphate).

Une hypokaliémie (dans 50% des cas) et/ ou une hypocalcémie sont souvent associées et toujours à rechercher !

Etiologies

  • Pertes rénales (magnésurie > 2 mmol/ 24 heures) :
    • Iatrogènes : furosémide, thiazides, cisplatine, amphotéricine B, aminosides, ciclosporine A, pentamidine,…
    • Diurèse osmotique : diabète et autres causes de  polyuries
    • Intoxication éthylique
    • Acidose métabolique
    • Tubulopathies héréditaires
  • Causes extra-rénales (magnésurie < 1 mmol/ 24 heures):
    • Pertes digestives : stéatorrhée, diarrhée, malabsorption
    • Transferts : alcalose, Hungry bone syndrome, pancréatite (3ème espace), insulinoth, adrénaline
    • Insuffisance d’apports, alcoolisme chronique
    • Augmentation des besoins : grossesse

Examens complémentaires

  • Electrocardiogramme (ECG) : allongement du QT, ondes T plus amples
  • Biologie : ionogramme, fonction rénale
  • Urines de 24 heures : [Mg++] → si > 1-2 mmol/ 24 heures : pertes rénales

Prise en charge thérapeutique - Traitements

NB : 1 mg de MgSO4 = 8,12 mEq (4,06 mmol) de magnésium

  • Traitement étiologique le cas échéant
  • Alimentation riche en magnésium : fruits, légumes, noix
  • Magnésium per os 3-5 x 4 mmol/ jour
  • Si hypomagnésémie sévère (< 0,5 mmol/ l) : MgSO4 IV 2-3 g (8-12 mmol) dans 10-15 ml d'une solution à 20% en 1-2 minutes puis 40 mmol en 5 heures
  • Traiter les éventuelles hypocalcémie et hypokaliémie associées ! réfractaires à la supplémentation si l’on ne corrige pas dans le même temps l’hypomagnésémie !

Auteur(s)

Dr Shanan Khairi, MD