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Cervico-vaginites, vulvo-vaginites et balanites (MST)

Révision de 23 février 2016 à 22:53 par Nanash (discussion | contributions)

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Les cervico-vaginites, vulvo-vaginites et balanites sont des inflammations des structures anatomiques correspondantes résultant généralement d'infections sexuellement transmissibles (MST). Elles sont fréquentes et généralement bénignes.

Cervico-vaginites

Une cervico-vaginite est une inflammation du col de l'utérus et/ ou de la paroi vaginale. Pathologie fréquente, causée principalement par le gonocoque et le chlamydia. Trichomonas vaginalis constitue quant à lui une étiologie mineure (à évoquer en cas de leucorrhées très abondantes, mousseuses, verdâtres).

La clinique est caractérisée par des leucorrhées troubles à purulentes, une sensibilité anormale du col, une exo- ou endo-cervicite et une inflammation des parois vaginales. Complcations en l'absence de traitement : cf urétrite avec écoulement de la femme.

Le diagnostic repose sur l'examen direct (peu rentable) et les cultures d'un prélèvement sur l'endocol. Associer systématiquement un frottis urétral pour recherche du gonocoque. Le traitement est identique à celui de l'urétrite avec écoulement.

Vulvo-vaginites

Fréquentes, généralement bénignes. Dans tous les cas, faire une recherche systématique du gonocoque et de chlamydia (à traiter systématiquement de façon empirique en cas d'écoulement muco-purulent et/ ou de col friable à l'examen gynécologique). Les étiologies les plus fréquentes sont :

Vaginoses bactériennes (n'est pas une MST)

Elles résultent d'un pH vaginal trop alcalin (facteurs favorisants : rapports sexuels fréquents, changements de partenaires, douches vaginales) favorisant la prolifération d'anaérobies. N'est pas une MST (bien que des balanites puissent survenir chez le partenaire).

Caractéristiques : leucorrhées abondantes et malodorantes (odeur de poisson) sans cervicite. Le diagnostic repose sur l'examen de prélèvements : pH vaginal > 4,5, "clue cells" (cellules vaginales infectées), test au KOH (émanation d'une odeur nauséabonde).

Traitement : métronidazole PO 2 x 500 mg/ jour durant 7 jours (ou prise unique de 2 g). A noter que les récidives sont fréquentes (supprimer les facteurs favorisants).

Candidose vulvo-vaginale (n'est pas une MST)

Infection à candida albicans (~90%) ou glabrata (~8%). N'est pas une MST, même si les rapports sexuels sont des facteurs favorisants (frottement). Autres facteurs favorisants : corticothérapie, antibiothérapies large spectre, diabète mal contrôlé, immuno-dépression, grossesse, hyper-œstrogénémie.

Caractéristiques : prurit et brûlure vulvaire, dysurie, dyspareunie, sécrétions vaginales blanchâtres épaisses inodores. Le diagnostic repose sur l'examen direct (pH < 4,5, filaments mycéliens, pseudohyphes) ou, s'il est négatif, sur la culture.

Exemples de traitement : 1 ovule de miconazole 1200 mg ou fluconazole 150 mg PO une dose.

  • En cas de candidose récidivante : ovule de miconazole 1200 mg 3 à 5 jours après les menstrues durant 6 mois ou fluconazole PO 150 mg 1x/ semaine durant 6 mois.

Vaginite à trichomonas vaginalis

Transmission uniquement sexuelle du pathogène.

Caractéristiques : pertes vaginales jaunâtres à verdâtres abondantes, prurit vulvaire, dysurie +- hypogastralgies. L'infection est cependant asymptomatique dans 10 à 50% des cas. Le diagnostic repose sur l'examen microscopique direct (pH > 4,5, présence de trichomonas, Whiff test) ou la culture.

Traitement : métronidazole 2 g PO en dose unique

  • En cas de résistance ou récidive : métronidazole 2 x 500 mg/ jour durant 7 jours.

Balanites infectieuses

Fréquentes, bénignes. Les principaux agents pathogènes sont candida albicans, trichomonas vaginalis et, plus rarement, le streptocoque B.

La balanite candidosique est typiquement érythémateuse et parsemée de pustules. Facteurs favorisants : diabète, partenaires d'une femme ayant une vulvo-vaginite à candida. Traitement = antifongique local.

La balanite à trichomonas vaginalis est classiquement associée à une urétrite. La balanite à streptocoque B est d'aspect non spécifique et se résoud généralement par un simple traitement antiseptique.

La plupart des balanites sont cependant d'origine uniquement irritative, non infectieuses, l'application intempestive de topiques étant dès lors un facteur aggravant → se contenter dans un premier temps d'un traitement local au nitrate d'argent et pâtes à l'eau dans l'attente des résultats des prélèvements.

Auteur(s)

Shanan Khairi, MD

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