Urétrites (MST)

Les urétrites correspondent à une inflammation de l'urêtre. Elles sont caractérisées cliniquement par des mictalgies, une irritation du méat +- écoulement purulent +- hypogastralgies chez la femme (coexistence possible d'une cervicite et/ ou vaginite). Le plus souvent infectieuse et de transmission sexuelle (y compris bucco-génitale ++).

Agents étiologiques

A noter que les co-infections (++ chlamydia et gonocoque) sont très fréquentes (20 à 40% des cas).

  • Gonocoque (neisseria gonorrheoae)
    • Chez l'homme :
      • Typiquement aiguë avec écoulement purulent jaunâtre/ verdâtre et dysurie +- pharyngite, rectite. Les porteurs sains sont exceptionnels.
      • Risque d'abcès péri-urétraux, ochiépididymite, prostatite, septicémie (+- polyarthrite, ténosynovites, lésions cutanées pustuleuses,…) en l'absence de traitement
    • Chez la femme :
      • Souvent pauci- ou asymptomatique
      • Complications possibles en l'absence de traitement : extension loco-régionale (PID), septicémie, stérilité, malformations fœtales en fin de grossesse
  • Chlamydia trachomatis
    • Portage asymptomatique très fréquent (~ 5% des jeunes adultes)
    • Urétrite typiquement avec écoulement clair et peu douloureux, gène à la miction, cervicite ou vaginite chez la femme.
    • Complications : orchi-épididymite, prostatite, stérilité, PID, accouchements prématurés, grossesse extra-utérine
    • Manifestations extra-génitales possibles : pharyngite, rectite, conjonctivite, lymphogranulome vénérien (ulcération ou inflammation de la muqueuse génitale au site d'inoculation), syndrôme de Fitz-Hugh-Curtis (péri-hépatite), arthrites,…
  • Mycoplasma genitalium
    • Encore mal connu (serait responsable de jusqu'à 20 à 25% des urétrites ???)
  • Trichomonas vaginalis
    • Rarement responsable d'urétrites chez l'homme (cf cervico-vaginites pour la femme). en occident.
  • Ureplasma urealyticum
  • Non identifié (20-30%)

Prise en charge thérapeutique - Traitements

  • Si écoulement urétral → diagnostic d'urétrite certain → frottis de l'écoulement (examen direct + cultures) si possible + PCR urinaire gonocoque et chlamydia
  • Si absence d'écoulement : tigette urinaire
    • Leucocytes estérases ou nitrites positifs → examen microscopique des urines
    • Leucocytes estérases et nitrites négatifs → PCR urinaire gonocoque et chlamydia +- frottis endo-urétral (examen direct + culture)
  • Traitement empirique : couvrir au minimum les gonocoque et chlamydia → ceftriaxone 1 g IM (spectinomycin 2 g IM en cas d'allergie) 1 dose + azithromycine 1 g 1 dose (si lymphogranulome vénérien : doxycycline 100 mg 2 x/ jour durant 21 jours)
    • En cas de suspicion de gonococcémie (dermatite, arthrites, synovites,...) : ceftriaxone 1 g 1 x/ jour IV, relais PO selon antibiogramme et évolution clinique
  • Traitement des germes peu fréquent après identification :
    • Trichomonas vaginalis : metronidazole 2 g, 1 dose

Auteur(s)

Dr Shanan Khairi, MD