Céphalées primaires rares

Céphalées idiopathiques en coups de poignard

Caractérisées par des céphalées en coups de poignards très brèves, parfois en salve, touchant généralement le territoire ophtalmique (orbite, tempe, frontal, pariétal antérieur). Traitement rarement nécessaire (propranolol/ indométacine).

Céphalées au froid / aliments ou boissons glacés

Fréquentes. Concerne jusqu'à 30% des individus dans la population générale, 90% chez les migraineux. Pas d'autre traitement que l'éviction du facteur déclenchant.

Céphalées à l'exercice physique

Se présentent habituellement comme des céphalées bilatérales, pulsatiles, durant 5 minutes à 24h. Eventuelle association à des nausées et/ ou photo-phonophobie. Fréquemment confondues avec des céphalées de tension voire des migraines. L'anamnèse fait le diagnostic.

Au premier épisode, toujours éliminer une lésion intracrânienne (++ HSA, tumeurs du IIIème ventricule) et un phéochromocytome. Le traitement consiste en l'éviction des efforts provoquant les céphalées. Si impossible, éventuelle sensibilité au propranolol/ indométacine.

Céphalées à la toux

Prévalence de 0,6% à 1% dans la population, majoritairement des > 40 ans. Toujours éliminer une lésion intra-crânienne au premier épisode (++ HSA, Arnold-Chiari). Généralement intenses, bilatérales, durant 1 à 2 minutes, pas de signe associé. La disparition spontanée en 6 à 12 mois est la règle. En attendant : traiter la cause de la toux +- indométacine.

Céphalées sexuelles bénignes

Il existe trois entités :

  • Type sourd : céphalées et cervicalgies augmentant en parallèle à l'excitation sexuelle.
  • Type explosif : céphalée en coup de tonnerre concomitante à l'orgasme.
  • Type postural : post-coïtale, clinique semblable aux céphalées par hypotension intracrânienne.

Toujours éliminer une lésion intra-crânienne au premier épisode (HSA ++). Essayer relaxation et prise en charge de troubles anxieux, essai de traitement par propranolol en seconde intention.

Céphalées par compression externe

Secondaires au port de chapeaux serrés, bandeaux, masques,… → céphalées sourdes constantes très localisées… Eviction.

Céphalées par hypotension intra-crâniennes idiopathique

Céphalées apparaissant en position assise ou debout et disparaissant ou diminuant au décubitus. Eventuellement accompagnées de nausées, vomissements, cervicalgies, vertiges, diplopie horizontale, photophobie, diminution de l'acuité auditive ou visuelle, dysgueusie, douleurs ou paresthésies aux membres supérieurs. Anomalies possibles à la PL : protéinorachie, pléiocytose. Condition du diagnostic : P(LCR) < 6 cm H20. L'IRM montre quasi-constamment une prise de contraste pachyméningée +- la présence d'hydromes, hématomes sous-duraux voire une descente du contenu de la fosse postérieur. Traitement par blood-patch et repos en décubitus jusqu'à résolution des symptômes (habituellement quelques jours à semaines).

En cas de persistance, remettre en cause le diagnostic "idiopathique" et faire un bilan complémentaire à la recherche d'une cause de fuite de LCR...

Céphalées avec mydriase épisodique unilatérale

Episode de mydriase unilatérale + céphalée homolatérale de type migraineuse. Durée de quelques minutes à quelques semaines. Répétition 3 à 4x/ semaine à 3 à 4x/ an. Examens neurologique et ophtalmologique strictement normaux par ailleurs. Réaliser également une IRM cérébrale si premier épisode (atteinte ACP ?). Si épisodes sévères et fréquents → essayer des β-bloquants.

Auteur(s)

Dr Shanan Khairi, MD